Huile CBD suisse : choisir sa concentration et son spectre

Le choix d’une huile CBD repose sur trois éléments mesurables : la concentration, exprimée en pourcentage et convertible en milligrammes par goutte, l’huile végétale qui porte l’extrait, et le spectre de cannabinoïdes que cet extrait a conservé. Cette page traite les deux premiers en détail et indique quel concentré entre dans chacune de nos huiles ; le spectre fait l’objet d’un article à part.

Sur cette page

  1. Ce que contient une huile CBD
  2. Lire une concentration
  3. Le rôle de l’huile porteuse
  4. Ce qui distingue réellement deux huiles
  5. Les sujets détaillés
  6. Questions fréquentes

Ce que contient une huile CBD

Une huile CBD associe deux composants. Un extrait de chanvre, qui apporte le cannabidiol et les autres molécules issues de la plante. Une huile végétale, qui dilue cet extrait et occupe la majeure partie du volume du flacon.

Cette huile végétale n’est pas un simple diluant. Le vocabulaire de la formulation l’appelle huile de ballast, parce que c’est elle qui amène l’extrait à son titre final. Elle détermine l’aspect du produit, sa viscosité et la façon dont il évolue une fois le flacon ouvert.

Du côté de l’extrait, deux voies de fabrication coexistent dans notre laboratoire de Gland. L’extrait brut conserve l’ensemble des composés extraits de la plante, ce qui lui donne une couleur sombre, une viscosité élevée et un profil organoleptique marqué. L’extrait distillé passe par une purification poussée qui écarte une partie de ces composés et laisse une matière claire et fluide, au profil plus neutre.

Ces deux voies ne se valent pas mieux l’une que l’autre. Elles répondent à des attentes différentes, et le reste de cette page décrit ce qui les sépare concrètement.

Ce que contient réellement un flacon se lit sur le certificat d’analyse du lot. Ce document rapporte la teneur en cannabidiol, celle en THC, et selon les protocoles retenus le détail des cannabinoïdes mineurs ainsi que la recherche de pesticides, de métaux lourds et de solvants résiduels. Deux produits peuvent porter la même mention commerciale et présenter des bulletins très différents. Un fabricant qui ne met pas ces analyses à disposition demande à être cru sur parole.

Lire une concentration

Un pourcentage sur un flacon paraît être l’information la plus simple de l’étiquette. C’est en réalité la plus ambiguë : aucun texte suisse ni européen ne dit ce qu’il doit signifier sur une huile de CBD, et les référentiels de qualité de l’industrie ne s’accordent pas entre eux. Selon la lecture retenue, un même flacon de 10 ml affiché à 20 % contient 1 880 ou 2 000 mg de cannabidiol.

Nous précisons donc la nôtre, ce que peu d’étiquettes prennent la peine de faire : nos pourcentages sont exprimés en masse par volume. Un flacon de 10 ml affiché à 20 % contient 2 000 mg.

Reste la conversion en gouttes. Une goutte d’huile n’a pas le volume d’une goutte d’eau : elle est plus petite, et elle varie selon la viscosité du produit et le compte-gouttes utilisé. Aucune mesure publiée ne donne le volume réel des gouttes d’une huile végétale, ce qui veut dire que personne ne peut convertir un pourcentage en milligrammes par goutte avec une exactitude démontrée.

Le tableau ci-dessous applique la convention usuelle de 0,04 ml par goutte, soit 250 gouttes pour un flacon de 10 ml. C’est un repère fiable pour comparer des concentrations entre elles, pas une mesure au milligramme près.

ConcentrationCBD par goutteFlacon 10 ml
250 gouttes
Flacon 30 ml
750 gouttes
10 %4 mg1 000 mg3 000 mg
20 %8 mg2 000 mg6 000 mg
30 %12 mg3 000 mg9 000 mg
40 %16 mg4 000 mg12 000 mg
45 %18 mg4 500 mg13 500 mg
Une goutte représente environ 0,04 ml. La quantité de CBD par goutte ne dépend que de la concentration, le volume du flacon détermine le nombre de gouttes et le total. La taille réelle d’une goutte varie avec la viscosité de l’huile et le compte-gouttes utilisé.
Deux étuis Chanvre 30 % The Green Lab côte à côte, un flacon de 30 ml portant 9000 mg et un flacon de 10 ml portant 3000 mg
Deux flacons au même titre de 30 %. Le pourcentage est identique, le total ne l’est pas : 9 000 mg dans le 30 ml contre 3 000 mg dans le 10 ml. C’est le volume qui fait la différence, pas la concentration.
Goutte d'huile CBD se formant au bout d'un compte-gouttes en verre
Une goutte représente environ 0,04 ml, soit un deux-cent-cinquantième d’un flacon de 10 ml.

Deux lectures découlent de ce tableau. La quantité de cannabidiol par goutte ne dépend que de la concentration : une goutte d’une huile à 20 % apporte 8 mg, que le flacon fasse 10 ou 30 ml. Le volume du flacon détermine le nombre de gouttes disponibles, donc la durée d’utilisation. C’est aussi ce qui explique qu’une concentration élevée revienne souvent moins cher rapportée au milligramme.

Une réserve sur le comptage. Nos huiles n’ont pas toutes la même viscosité, et une matière plus épaisse ne s’écoule pas au même rythme dans un compte-gouttes identique. La valeur de 250 gouttes est un repère, pas une constante applicable à toute la gamme.

Un dernier point, qui vaut pour l’ensemble du marché. Des analyses menées à l’étranger sur des huiles du commerce montrent régulièrement des écarts entre la teneur annoncée sur l’étiquette et la teneur réellement mesurée, dans un sens comme dans l’autre. C’est ce qui donne sa valeur au certificat d’analyse de lot : lui seul dit ce que contient le flacon qu’on a en main, indépendamment de ce que l’emballage affirme.

Point de vigilance

Un pourcentage seul ne décrit pas une huile. Deux flacons affichés à 20 % peuvent contenir des proportions de cannabinoïdes mineurs très différentes selon le procédé d’extraction. Le certificat d’analyse du lot est le seul document qui documente cette composition.

Le rôle de l’huile porteuse

L’huile végétale représente plus de quatre cinquièmes du contenu d’un flacon. Son choix se lit immédiatement sur l’aspect du produit fini et sur sa viscosité.

Les cannabinoïdes sont lipophiles : ils se dissolvent dans les corps gras et pratiquement pas dans l’eau. La littérature pharmaceutique chiffre la solubilité aqueuse du cannabidiol à 12,6 milligrammes par litre, ce qui revient à dire qu’il faudrait près de quatre-vingts litres d’eau pour dissoudre un seul gramme de matière. L’huile de ballast n’est donc pas un diluant ajouté au produit fini : c’est le solvant sans lequel il n’existerait pas sous forme liquide et homogène.

Les trois bases que nous utilisons remplissent cette fonction, mais elles n’appartiennent pas à la même famille chimique, et cette différence de structure explique la plupart de leurs comportements.

SupportAcides gras dominantsAspectViscositéStabilité à l’oxydation
MCT de cocoCaprylique C8 et caprique C10, saturésIncoloreFluideÉlevée
Huile de chanvreLinoléique C18:2 et alpha-linolénique C18:3, polyinsaturésVert soutenuÉpaisseMoyenne
Huile d’oliveOléique C18:1, mono-insaturéJaune-vertIntermédiaireÉlevée
Les trois supports utilisés dans la gamme The Green Lab. La notation C18:2 se lit dix-huit atomes de carbone et deux doubles liaisons.

Le MCT de coco est constitué de triglycérides à chaîne moyenne, essentiellement des acides caprylique et caprique. Ce sont des acides gras saturés : leurs chaînes carbonées ne portent aucune double liaison. C’est le support le plus neutre de la gamme, incolore, sans caractère propre qui viendrait se superposer à celui de l’extrait, et sa fluidité rend l’écoulement au compte-gouttes régulier. C’est le support de notre gamme Sublime, déclinée de 10 à 40 %.

L’huile de chanvre relève d’une tout autre famille. Ses acides gras dominants sont l’acide linoléique et l’acide alpha-linolénique, deux chaînes longues polyinsaturées, et les acides gras polyinsaturés représentent entre 70 et 90 % de sa composition, avec un rapport oméga-6 sur oméga-3 qui se situe normalement entre 2:1 et 3:1. Elle apporte une cohérence de matière première, puisque le support et l’extrait proviennent de la même plante, et porte une couleur verte soutenue ainsi qu’un profil végétal marqué qui restent perceptibles dans le produit fini.

Un point mérite d’être précisé ici, parce qu’il entretient une confusion très répandue dans le commerce en ligne. L’huile de chanvre est pressée à partir des graines, pas de la fleur, et elle ne contient par elle-même aucun cannabinoïde. Un flacon vendu comme huile de chanvre n’est donc pas une huile de CBD, quelle que soit la façon dont l’étiquette est tournée. Dans nos formules, elle intervient uniquement comme support : la totalité du cannabidiol provient de l’extrait qui y est dilué.

L’huile d’olive occupe une position intermédiaire. Son acide gras dominant, l’acide oléique, est mono-insaturé : une seule double liaison par chaîne, contre deux ou trois pour les acides gras du chanvre. Elle tient bien dans le temps et accepte l’ajout d’un arôme sans que sa stabilité en soit affectée. Notre version citron s’appuie sur cette base.

Le comportement à l’oxydation découle directement de ces structures, et c’est ce qui rend le classement du tableau prévisible plutôt qu’arbitraire. Chaque double liaison le long d’une chaîne d’acide gras est un site où l’oxygène peut attaquer : plus une huile est insaturée, plus elle offre de prises. Le MCT, saturé, n’en offre aucune. L’huile d’olive, avec une double liaison par chaîne, résiste bien. L’huile de chanvre, avec deux à trois doubles liaisons par chaîne et une part d’acides gras polyinsaturés qui peut atteindre 90 %, est la plus exposée des trois et demande d’être tenue à l’abri de la lumière et de la chaleur. Ce paramètre ne change rien à la teneur en cannabidiol au moment de la mise en flacon : il agit sur la façon dont le produit évolue ensuite.

Cette fonction de solvant a une conséquence que l’on mesure directement sur notre gamme : chaque huile porteuse impose un plafond au titre qu’on peut formuler. Le MCT de coco dissout davantage de cannabidiol que l’huile d’olive, et c’est pour cette raison que le 40 % de notre gamme Broad Spectrum est monté sur MCT et non sur olive citron, qui ne permet pas d’y arriver. Ce n’est pas un choix commercial mais une limite physique : au-delà de ce que le solvant accepte, la matière ne reste pas en solution. La même logique explique que notre X-Strong 45 %, le titre le plus élevé de la gamme, soit lui aussi formulé sur MCT.

Le support ne se contente pas de tenir le cannabidiol en solution, il conditionne aussi ce qu’il advient des terpènes. Un travail publié en 2020 dans la revue Molecules a comparé l’huile MCT et l’huile d’olive de qualité pharmacopée comme supports d’extraits de cannabis. Sur la conservation des cannabinoïdes eux-mêmes, les deux supports font jeu égal sur soixante jours. La différence se joue sur les terpènes : stables pendant toute la durée de stockage dans le MCT, ils reculent nettement dans l’huile d’olive après quinze à trente jours. Pour un extrait dont le profil terpénique fait partie de l’identité, le choix du ballast n’est donc pas neutre sur ce qui reste réellement dans le flacon au bout de quelques semaines.

Ce qui distingue réellement deux huiles

Les trois critères décrits sur cette page ne pèsent pas du même poids selon ce qu’on cherche.

La concentration est le critère le plus simple à comparer, parce qu’il se convertit en milligrammes. C’est aussi le moins informatif, puisqu’il ne dit rien de ce qui accompagne le cannabidiol dans le flacon.

L’huile porteuse se décide sur l’aspect et sur la tenue. Elle n’influe pas sur la teneur en cannabidiol au moment de la mise en flacon. Elle influe sur la viscosité du produit, sur sa couleur, sur sa sensibilité à l’oxydation selon son degré d’insaturation, et sur la part de terpènes encore présente après quelques semaines.

Le spectre est le critère le plus souvent mis en avant et le plus mal défini. Full Spectrum et Broad Spectrum désignent des familles de procédés, pas des compositions précises, et aucun texte réglementaire ne les définit. Deux extraits portant la même mention peuvent afficher des rapports entre cannabinoïdes très éloignés. Nous y consacrons un article entier.

Une façon de sortir de ce flou consiste à dire quel concentré entre dans quel flacon. Voici ce que nous utilisons.

GammeHuile porteuseSpectreConcentré utiliséTitres
SublimeMCT de cocoFull SpectrumDistillat10, 20, 30, 40 %
ChanvreHuile de graine de chanvreFull SpectrumDistillat10, 20, 30 %
Broad SpectrumOlive, puis olive citronBroad SpectrumDistillat10, 20, 30 %
Broad SpectrumMCT de cocoBroad SpectrumDistillat40 %
X-StrongMCT de cocoFull SpectrumExtrait brut winterisé et décarboxylé, non distillé45 %
La gamme se lit comme un croisement entre une huile porteuse et un spectre. Le concentré retenu détermine le profil de cannabinoïdes du produit fini.

Le Gold X-Strong 45 % occupe une place à part dans cette liste. Son extrait est winterisé, ce qui en retire les cires et une partie des lipides, puis décarboxylé, ce qui fait passer les cannabinoïdes de leur forme acide à leur forme neutre. Il n’est en revanche pas distillé. Sa couleur foncée et son profil organoleptique puissant ne sont pas des défauts de fabrication, ce sont les marques d’un extrait qui n’a pas subi cette dernière séparation.

Étui du CBD X-Strong 45 % The Green Lab, Full Spectrum sur MCT de coco, flacon de 10 ml portant 4500 mg
Le X-Strong 45 %, titre le plus élevé de la gamme, formulé sur MCT de coco. Son étiquette annonce 4 500 mg pour 10 ml.
Comparaison de couleur entre une huile CBD formulée sur extrait brut et une huile formulée sur distillat
L’écart de couleur observé sur les extraits se retrouve sur les huiles finies.

C’est sur ce dernier point que se joue l’essentiel. Une huile n’est pas caractérisée par un pourcentage isolé mais par l’équilibre entre les molécules qu’elle contient : la part du cannabidiol, celle des cannabinoïdes mineurs, ce qui subsiste des terpènes après purification, et la proportion restée sous forme acide. Ce sont ces rapports que le procédé façonne à chaque étape, et ce sont eux que le certificat d’analyse d’un lot permet de vérifier. Un pourcentage se lit sur une étiquette. Une composition se lit sur un bulletin.

Notre laboratoire

Nos huiles sont formulées et analysées dans notre laboratoire de Gland, dans le canton de Vaud. Chaque lot dispose de son certificat d’analyse. Découvrir le laboratoire →

Questions fréquentes

Combien de milligrammes de CBD contient une goutte ?

Sur un flacon de 10 ml délivrant environ 250 gouttes, une huile à 20 % contient à peu près 8 mg de cannabidiol par goutte, et une huile à 45 % environ 18 mg. Ces valeurs sont calculées à partir du volume du flacon ; la taille réelle d’une goutte varie avec la viscosité de l’huile et le compte-gouttes utilisé.

Quelle différence entre un extrait brut et un extrait distillé ?

L’extrait brut n’a pas été distillé. Il conserve les cires, les huiles lourdes et les pigments issus de la plante, ce qui lui donne une couleur sombre, une viscosité élevée et un profil organoleptique marqué. L’extrait distillé passe par une purification qui écarte ces composés et concentre les cannabinoïdes, avec pour résultat une matière claire et fluide, au profil plus neutre.

La distillation retire-t-elle les terpènes ?

Oui. Les terpènes du chanvre sont des molécules volatiles, nettement plus légères que les cannabinoïdes, et la distillation les sépare de la fraction recherchée. Un distillat gagne en pureté et en neutralité organoleptique, il perd en revanche le profil aromatique de la plante d’origine.

Pourquoi l’huile Gold X-Strong 45 % est-elle plus foncée que les autres ?

Parce qu’elle repose sur un extrait brut winterisé et décarboxylé, mais non distillé. Les pigments et les composés lourds que la distillation aurait retirés y sont encore présents, ce qui donne une matière plus sombre et plus épaisse. Les autres huiles de la gamme sont formulées à partir de distillats, nettement plus clairs.

Pourquoi deux huiles affichées à 20 % ne se ressemblent-elles pas ?

Le pourcentage ne décrit que la teneur en cannabidiol. Les proportions de cannabinoïdes mineurs, la présence ou non de formes acides et la nature de l’huile porteuse varient d’un produit à l’autre selon le procédé et la matière première. Le certificat d’analyse du lot est le document qui rend ces écarts visibles.

Quelle huile porteuse choisir ?

Le MCT de coco est incolore, fluide et sans caractère propre. L’huile de chanvre est plus épaisse, d’un vert soutenu, et provient de la même plante que l’extrait. L’huile d’olive se situe entre les deux et tient bien dans le temps. Aucune de ces bases n’est supérieure aux autres, elles se distinguent par l’aspect et par la stabilité.

Les huiles CBD sont-elles légales en Suisse ?

Les produits dont la teneur en THC reste inférieure à 1 % peuvent être commercialisés en Suisse, à condition de respecter la réglementation propre à leur catégorie. La mention d’un spectre ou d’une concentration ne suffit pas à établir cette conformité, qui dépend des analyses et de l’étiquetage.

Combien de temps se conserve une huile après ouverture ?

La date figure sur le flacon. La conservation dépend surtout des conditions de stockage : à l’abri de la lumière, à température ambiante stable et flacon refermé après chaque usage. Les huiles formulées sur une base riche en acides gras insaturés, comme l’huile de chanvre, évoluent plus vite que celles formulées sur MCT de coco.

Article scientifique Recherche CBD 2026 TheGreenLab - littérature scientifique cannabidiol, publications PubMed, revue Pharmaceuticals - The Green Lab
Publications, limites méthodologiques et cadre réglementaire suisse et européen : point d'étape factuel sur la recherche consacrée au cannabidiol.